Source : FrançoisHollande.fr 24/02/2012
Par Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande.
A l’occasion de son meeting à Lille, Nicolas Sarkozy s’en est encore pris violemment à François Hollande en déformant des propos tenus lors des primaires citoyennes des 9 et 16 octobre 2011.
On pensait qu’après la vaine insistance de Jean-François Copé, le pilonnage intensif de cette consultation populaire, était à jamais éteinte. Mais l’UMP n’en est plus à une faute de goût près ! Nicolas Sarkozy a donc lui aussi décidé de remettre en cause une consultation qui a rassemblé près de 3 millions de Français. C’est lamentable.
On peut comprendre que le parti présidentiel qui ne laisse à la diversité des opinions, à l’expression de ses adhérents ou de ses militants, ait vécu amèrement le succès des primaires citoyennes. Expert en caporalisation, en humiliation de ses partenaires et de ses alliés, Nicolas Sarkozy est favorable à la démocratie directe dans le pays (référendum) mais surtout pas dans son parti…
La « guerre des roses » qu’attendaient le président et ses conseillers n’a pas eu lieu ; dans un débat qui a incontestablement relevé le niveau du débat public, les candidats ont échangé avec fermeté (comment peut-il en être autrement lorsqu’il s’agit de départager des personnalités ayant des convictions fortes ?) et respect.
Au fond, ce que révèlent les remarques de Nicolas Sarkozy est sa profonde gêne face à l’unité exemplaire des socialistes et des forces de progrès derrière un candidat qui incarne le changement et l’espérance. Une unité qui contraste avec l’attelage bringuebalant de l’équipe Sarkozy : critiques contre NKM « la bourgeoise », grand écart entre « humanistes » et « droite populaire », parité sacrifiée sur l’autel des baronnies locales, excommunication / réhabilitation de Rachida Dati, multiplication des désertions de députés qui, sur le terrain, font tout pour cacher leur appartenance au camp sarkoziste…
Du Bourget à Rouen, d’Evry au Mans, une ferveur qui rappelle 1981 s’est emparée de la campagne présidentielle de François Hollande. Tous les dirigeants nationaux, toutes les fédérations, toutes les sections locales sont pleinement mobilisés pour créer les conditions de l’alternance.
Les déclarations mesquines de Nicolas Sarkozy ne pourront rien contre la force de cette évidence et contre l’énergie d’un nombre croissant de Français qui veulent que 2012 soit l’année du changement.
Hier, à Lille, le candidat arrogant s’est une nouvelle fois employé à faire oublier le bilan du président sortant !
Source : FrançoisHollande.fr 24/02/2012
Par Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande.
Dans un pays où 750000 emplois industriels ont été détruits en dix ans, où le nombre de chômeurs a augmenté d’un million en cinq ans, où les services de pôle emploi ont été affaiblis et amputés de leurs moyens, le discours sur le travail de Nicolas Sarkozy aura eu le mérite de montrer aux Français jusqu’où peuvent aller l’outrance et la manipulation!
La stigmatisation des chômeurs qualifiés d’assistés, et de la gauche suspectée d’encourager l’assistanat, aura aussi permis de mettre en évidence les grosses ficelles usées du sarkozysme.
Pour nous aider à nous souvenir des promesses non tenues de 2007, de la supercherie qu’a constitué le quinquennat, Rachida Dati aura été ressortie pour l’occasion, heureuse de ce come back en forme de flash back, acceptant pour un jour de concentrer sur la gauche, toute la hargne qu’elle réserve depuis des mois au seul François Fillon.
Fier de son bilan, comblé par sa performance, convaincu de son invincibilité, Nicolas Sarkozy, grand théoricien de l’arrogance chez les autres, expliquera à son retour dans le TGV, à quelques journalistes, que les socialistes n’attendaient pas François Hollande comme candidat! Qu’ils en voulaient un autre! Sans doute les primaires citoyennes ont elles échappé à Nicolas Sarkozy?Sans doute lui a t il également échappé qu’il s’est autoproclamé candidat, et qu’il est fort probable que les électeurs de droite en auraient préféré un autre, plus conforme à une certaine tradition, celle de tous ses prédécesseurs de droite qui s’étaient employés à ne jamais abaisser la fonction!
En fait ce que Nicolas Sarkozy a du mal à comprendre, plus vraisemblablement à admettre, c’est que les français ne le veulent plus comme président! Après avoir passé des mois a nous convaincre qu’il avait changé, il apparaît comme la caricature de lui même, ressortant les mêmes recettes, exhumant les mêmes figures!
En fait, les Français veulent tourner la page de la manipulation! Ils aspirent nombreux à l’élection de François Hollande!
AMIENS Montebourg veut empêcher les licenciements dans les entreprises bénéficiaires
Source : Le Courrier Picard 24/02/2012
(Photo THOMAS DELOBELLE)
Arnaud Montebourg est venu à la rencontre les salariés de Goodyear à Amiens ce vendredi en début d’après-midi, sur la zone industrielle Nord..
Entouré d’une quarantaine de salariés il a déclaré, qu’il faudrait voter une loi pour vérifier les plans de licenciement des entreprises, “face aux entreprises qui manifestement ne perdent pas d’argent.” A une question de Mickaël Wamen, leader CGT des Goodyear qui lui demandait l’engagement du PS sur ce point, M. Montebourg a promis de pousser pour le faire inscrire au programme du candidat Hollande.
Arnaud Montebourg a également rencontré les ex-salariés de Sièges de France licenciés en 2009 venus sur le parking de Goodyear.
L’ancien candidat PS à la présidentielle doit ensuite rencontrer des salariés d’un traiteur de Roye à la salle Dewailly en centre ville d’Amiens.
Montebourg ne comprend rien aux propositions de Sarkozy [vidéo]
Delbard et Arnaud Montebourg
Intervention de François Hollande à Florange
Face à Hollande à Florange, un militant UMP déchire sa carte qu’il a depuis 7 ans : “l’UMP nous a lobotomisés” pic.twitter.com/piI0j730
“Ce qui compte c’est de tenir parole. Il y a les candidats du peuple et les candidats qui prétendent servir le peuple.” (François Hollande à Florange)
“Je viens devant vous pour prendre des engagements. Je suis conscient de l’angoisse qui est la votre.” (François Hollande à Florange)
Agriculture, Le Bilan de Sarkozy
Sarkozy 2007
« L'agriculteur veut vivre de son métier d'agriculteur, et l'Europe a besoin de son agriculture pour assurer son indépendance alimentaire. Je veux le dire ce soir à tous les agriculteurs : pour moi l'agriculture ce n'est pas fini. Pour moi l'agriculture ce n'est pas le passé. Pour moi l'agriculture c'est l'avenir ».
Nicolas Sarkozy, Clermont-Ferrand, 27/04/2007
Le bilan
La France n'est plus plus la première puissance agricole en Europe
Ce résultat est le prix d'un attachement aveugle de la droite au marché-roi et de son incapacité à traiter les faiblesses d'unmodèle productiviste intensif qui fait de la France le plus gros consommateur de pesticides d'Europe. Cette politique a accentué un mouvement de concentration des exploitations au mépris de l'aménagement du territoire et renforcé la prédominance des intérêts de l'agroalimentaire sur ceux des agriculteurs. Résultat : à force de refuser l'évolution de son modèle, la France a perdu son leadership européen.
Les crises agricoles se sont succédé. Effondrement des prix du lait l'été 2008, faillites records d'exploitations en 2009, sécheresse au printemps 2011… Chaque fois, le gouvernement a paré à l'urgence sans agir sur le fond. Le revenu des agriculteurs continue inexorablement de baisser (-11% depuis le début du quinquennat) entraînant leur surendettement et la diminution du nombre d'exploitations agricoles. La majorité a pourtant refusé notre demande de mission d'information sur l'évolution des revenus agricoles.
La transition vers une agriculture durable est au point mort,alors même que le Grenelle de l'environnement a pour objectif que la surface agricole utile en agriculture biologique soit de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. La réforme de la PAC d'après 2013 doit être l'occasion d'un développement plus durable, prenant en compte des objectifs d'emplois, de sécurité alimentaire, d'environnement, de territoire.
Les principales mesures
- La loi libéralisant les OGM (mai 2008) a été adoptée aux forceps après avoir été rejetée une première fois par l'Assemblée. Les mises en culture autorisées ne présentent pas d'avantages décisifs sur le plan économique et posent de graves questions sur le plan de la santé et de l'environnement.
- Le bilan de santé de la PAC(novembre 2008) ouvre la voie d'une agriculture soumise au marché. Les mesures emblématiques sont la fin des quotas laitiers pour 2015 et la libéralisation du marché viticole en 2018. Effet redouté : forte augmentation de la production européenne dans les régions compétitives, suivie d'une baisse des prix et d'une concentration des productions dans les régions les plus dynamiques.
- Plan d'aide à la filière agricole (novembre 2009) : prêts de reconstitution de fonds de roulement, prêts bonifiés de consolidation, allègements de charges financières et sociales, nomination d'un médiateur. Ce plan traite les symptômes, mais pas les causes de la crise.
- La loi de modernisation agricole(juillet 2010) fait d'une bonne idée, la contractualisation entre les agriculteurs et les professionnels de l'agro-alimentaire, un piège. Le choix du contrat, individuel plutôt que par filière, renforce la tutelle de l'agroalimentaire qui peut choisir de ne pas travailler avec telle ou telle exploitation jugée moins rentable que les autres. Le texte acte aussi le désengagement de l'Etat en matière de solidarité agricole. Chaque agriculteur doit désormais souscrire une assurance-risque pour être couvert.
Les chiffres-clés
> 20000 exploitations ferment chaque année en France.
> Le revenu des agriculteurs a baissé en moyenne de 11 % pendant le quinquennat avec une année noire en 2009 (-34%).
Ils ont osé le dire
« L'environnement ça commence à bien faire » N. Sarkozy au Salon de l'agriculture, 06/03/10.
la proposition 6 de François Hollande
« Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime
L’informaticien et activiste Richard Stallman est le père du logiciel libre. Ses combats : le respect de la vie privée et les libertés informatiques. Entretien.
Richard Stallman à l’université de Calgary, au Canada, en février 2009 (D’Arcy Norman/Flickr/CC)
L’utilisation des données personnelles de ses abonnés par Facebook, le long combat contre la loi Hadopi, le rôle des réseaux sociaux lors de révolutions arabes… Les batailles pour les libertés numériques et le respect de la vie privée sur Internet ont marqué l’actualité cette année.
Ce combat, l’informaticien et activiste Richard Stallman l’a commencé il y a trente ans, en inventant les logiciels libres : libres d’être copiés, examinés, distribués et modifiés.
A 58 ans, l’Américain incarne le visage alternatif, libertaire et anarchiste de l’informatique. Electron libre et trublion insaisissable, vu comme un messie par certains, comme un doux illuminé par d’autres, il est en tout cas une des voix les plus écoutées dans le monde de l’informatique.
Que pensez-vous de la loi Hadopi ?
La loi Hadopi relève de la guerre contre le partage. Les éditeurs veulent imposer leur système : le partage direct entre les gens est l’ennemi de leur pouvoir. Ils sont disposés à éliminer tous les obstacles, même les principes fondamentaux de la justice, comme par exemple le principe « aucune punition sans vrai procès ».
Ils ont modifié l’Hadopi pour introduire un faux procès, qui ne peut rien faire sauf vérifier qu’il y a une accusation. C’est une mesure injuste.
« Voter pour celui qui supprimera Hadopi »
S’il fallait donner un conseil au (futur) président de la République en matière de libertés numériques ?
Il faut voter pour un candidat qui s’est déclaré en faveur de la suppression d’Hadopi et de la Dadvsi. Ils ont choisi un nom imprononçable en espérant qu’on l’oublie, mais c’est une autre mesure injuste dans la guerre contre le partage, qui a pénalisé la seule possession des programmes libres capables de rompre les menottes numériques.
Dans les autres pays, ils ont interdit la distribution ou parfois seulement la distribution commerciale de ces programmes, mais seule la France punit de prison la seule possession de ce programme.
Quelles menaces fait peser Facebook sur la liberté des utilisateurs ?
On peut faire le contraste entre Facebook et les logiciels libres. Avec les logiciels, il y a deux possibilités :
- soit les utilisateurs ont le contrôle du programme,
- soit le programme a le contrôle des utilisateurs. Et quelqu’un a le contrôle de ce programme : son développeur, son propriétaire… lequel a donc du pouvoir sur ses utilisateurs.
Les utilisateurs méritent toujours d’avoir le contrôle du programme qu’ils utilisent, individuellement et collectivement.
Quelles sont les conséquences pratiques de cette perte de liberté ?
Le logiciel « privateur » [généralement, les logiciels édités par des entreprises. Ils sont aussi appelés logiciels propriétaires, ndlr] impose un système de colonisation numérique.
Ccomme n’importe quel système colonial, il pratique la stratégie du « diviser et dominer ». On peut voir la division des utilisateurs dans l’interdiction de redistribuer des copies du programme, et on peut voir la domination dans l’impuissance des utilisateurs, qui ne peuvent pas changer le programme parce qu’ils n’ont pas accès au code source [l'ensemble des instructions rédigées en langage informatique qui font fonctionner le logiciel].
Les programmes privateurs cachent souvent des fonctionnalités malveillantes. Windows a des fonctionnalités de surveillance, mais c’est aussi le cas de Flash Player, l’iPhone, le Kindle d’Amazon…
Il y a aussi des portes dérobées [fonctionnalités cachées dans un programme, ndlr] : Windows en a une, par laquelle Microsoft a le pouvoir d’imposer des changements de logiciel. Microsoft est tout puissant sur les machines dans lesquelles Windows tourne.
Concrètement, ça peut faire quoi ?
Regarder, supprimer ou altérer n’importe quoi. Sans pouvoir voir le code source, on ne sait pas de quoi est capable cette porte dérobée, on ne sait pas si elle est universelle.
Dans un logiciel libre, on peut aller voir s’il y a des fonctionnalités cachées, et les corriger. Même en connaissant une fonctionnalité malveillante dans un logiciel privateur, les utilisateurs restent impuissants.
Dans le logiciel libre, la communauté est capable de se protéger. Pas parfaitement, mais au moins, avoir le contrôle des programmes qu’ils utilisent est une forme de défense.
Facebook, c’est différent : Facebook n’est pas un logiciel, c’est un service. Tu ne peux pas avoir de copie de Facebook dans ton ordinateur. Tu ne peux pas avoir l’espoir d’avoir le contrôle : deux utilisateurs de Facebook ne peuvent pas avoir le contrôle de ce que fait Facebook en même temps. Les questions éthiques sont différentes.
Quels sont les dangers d’un service comme Facebook ?
Il y a deux abus qui peuvent être commis par ce service :
- pour l’utiliser, il faut envoyer des données personnelles : le service peut abuser de ses données ;
- le service peut aussi faire de la surveillance pour recueillir des données qu’on ne donne pas volontairement. C’est le même résultat que l’utilisation d’un logiciel privateur, mais par un autre chemin.
Le seul remède que je connaisse, c’est de ne pas utiliser ces services, de ne pas communiquer ses données.
Un réseau social éthique serait un réseau qui avertirait régulièrement ses utilisateurs de ne pas y mettre les données qu’ils ne voudraient pas voir devenir publiques.
« Utiliser les logiciels libres, pas si difficile »
Richard Stallman à Saint\-Etienne, en novembre 2008 (NicoBZH/Flickr/CC)
Pour l’utilisateur normal, c’est compliqué de changer de programme ou de le modifier !
Il y a beaucoup de personnes âgées qui ont déjà migré. Ce n’est pas si difficile, il ne faut pas exagérer la difficulté.
Les gens qui ne veulent pas changer exagèrent la difficulté pour avoir une excuse. Utiliser les logiciels libres n’exige pas l’étude du code source.
Si tu as envie, tu peux le faire, c’est ça la liberté, mais il ne s’agit pas d’un devoir ni d’une obligation que d’étudier le code source. On a aussi l’option d’utiliser le programme tel quel.
La bataille du logiciel libre oppose les entreprises et la liberté du peuple. Ça me rappelle un peu le mouvement des Indignés, notamment ceux d’Occupy Wall Street.
Notre lutte fait partie d’une lutte plus large qui est la lutte contre l’empire des entreprises. Le pouvoir injuste des entreprises est apparu dans les années 60 et 70 dans l’informatique. Mais à ce moment-là, les informaticiens étaient très peu nombreux, la question ne se posait pas encore.
Aujourd’hui, presque tout le monde utilise l’informatique et les logiciels privateurs. Si le logiciel n’est pas libre, ce sont les entreprises qui ont le contrôle et qui abusent de leur pouvoir.
La lutte que j’ai commencée en 1983 est un aspect de la grande lutte contre l’empire des entreprises. J’ai lancé cette lutte dans le domaine de l’informatique, d’autres l’ont lancée dans d’autres domaines.
D’un côté, Internet et l’informatique sont des outils de liberté d’expression et de création formidables, mais de plus en plus de choses nous fichent, nous privent de nos libertés. Dans quelle direction allons-nous aujourd’hui ?
Je crois que la direction générale est négative. Il y a vingt ans, elle était positive. La volonté des Etats a changé. Il y a quinze ans, la Chine a imposé la censure à Internet.
Et nous pensions évidemment que ce n’était pas une surprise qu’une dictature impose la censure, mais que les pays libres ne le feront jamais. Mais maintenant, des pays comme la France, l’Angleterre ou les Etats-Unis ont imposé de la censure ou sont en train de le faire.
Aujourd’hui, la France est un pays libre, « électroniquement » parlant ?
Avec la Dadvsi et l’Hadopi, la France n’est pas un pays libre. Dans un congrès, un représentant international des éditeurs de disque a déclaré qu’il trouvait la pédopornographie idéale comme moyen d’imposer la censure d’Internet.
Il faut résister à cette chasse aux sorcières. La censure est une injustice contre les droits de l’homme.
Réaction de Jean-Jacques Urvoas aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur les langues régionales
Source : Le télégramme 21/02/2012
Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, a vivement réagi aux propos de Nicolas Sarkozy, lequel s’en est pris à la Charte des langues régionales.
«Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la Charte des langues régionales qui n’a pas pour but de faire vivre les langues régionales dans lesquelles je crois, mais de reconnaître des droits linguistiques à toutes les minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre tradition républicaine». Nicolas Sarkozy a ainsi précisé sa position sur les langues régionales, dimanche, lors de son discours de Marseille.
“Une violence étonnante”
Hier, Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, a réagi : «Nicolas Sarkozy s’en est pris avec une violence étonnante à la Charte européenne des langues régionales, accusant ses partisans de ne pas aimer la France. Que répondre au président-candidat si ce n’est que la philosophie même de cette charte est de protéger les langues et non de conférer des droits imprescriptibles à leurs locuteurs. Qu’elle a été ratifiée par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’ensemble des pays scandinaves, et que les dirigeants de ces États, les plus avancés du continent sur le plan démocratique, n’aiment pas moins leur pays que Nicolas Sarkozy, le sien. Qu’enfin, la pente qui conduit à taxer de trahison tous ceux qui ne partagent pas votre point de vue est extrêmement glissante…».
Le Président du Fouquet’s
Source : Socialisme et vin blanc 23/02/2012
Hier 22 février, Nicolas Sarkozy était invité chez des amis, à France 2. V’la-t-y pas que Davis Pujadas l’interroge sur le Fouquet’s.
Nicolas Sarkozy est très à l’aise dans ses baskets pour répondre:
Allons donc, s’il n’y avait là derrière qu’un choix de restaurant, personne n’en conserverait un tel souvenir. Et Nicolas Sarkozy le premier, sinon peut être la mémoire émue d’un soir de victoire. Le sujet coince dans la gorge parce qu’il est un symbole de toute ce qu’a été la présidence de Nicolas Sarkozy: le pouvoir du mensonge et la mainmise d’un clan sur le pouvoir.
Que nous avait promis Nicolas Sarkozy? Un Etat exemplaire, la fin des golden parachutes, le tout en citant Jaurès sur la base d’une éthique du travail.
Qu’avons nous eu?
En guise de République, une Monarchie héréditaire dans laquelle la gestion du plus grand quartier d’affaire d’Europe peut être transmis à un fils ne parvenant pas à boucler sa deuxième année de droit. Des entreprises mondiales gérées entre amis, où le responsable de la faillite de Natixis peut être renommé à sa tête pour couvrir le travail, et où celui qui a planté Veolia peut être recasé à EDF tout en étant remplacé par un rival possible à la présidentielle dont on rémunère le retrait.
A la place du travail qui paye, le droit pour les entreprises de fixer leurs propres règles avec les syndicats maison, les cadeaux fiscaux aux entreprises, le pillage de l’Etat au profit des très riches, les aides fiscales recentrée sur l’ISF et l’héritage de ceux qui n’ont pas à travailler.
Quant aux rémunérations des grands patrons… En 2007, il était question de les interdire, et comment! Ces rémunérations scandaleuses.
http://www.dailymotion.com/embed/video/xozbf8
Fin des parachutes dorés : Sarkozy le promet….. par LeNouvelObservateur
Je crois dans l’éthique du capitalisme. Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons.
Je veux dire au grand patron dont la gestion est un échec, et qui négocie une prime d’éviction en forme de parachute en or, qu’il est légitime que la réussite paye, mais qu’il est scandaleux que l’échec enrichisse
Qu’en a t-il été? Dans les entreprises contrôlées par l’Etat, Nicolas Sarkozy a-t-il mis le hola à la goinfrerie de ses amis? Nenni! Dans le privé, une loi a-t-elle été votée? Proposée? Ne plaisantons pas!
Au contraire même: en octobre 2008, les sénateurs socialistes ont déposé une proposition de loi pour réglementer les rémunérations dans les sociétés cotées. Elle prévoyait de soumettre la rémunération des dirigeants à l’accord du Comité d’Entreprise et de l’Assemblée générale. Enterrée par l’UMP la proposition: pensez donc, les associations patronales allaient faire des propositions très bien que les patrons allaient respecter tous seuls, pas besoin de leur forcer la main.
En juillet 2009, finement, les mêmes repartent au combat en proposant que le Sénat demande l’inclusion des mêmes mesures dans une directive européenne en cours d’élaboration sur le sujet. Oulala! Le Sénat accepta à peine d’en discuter.
En novembre 2010, les députés ayant par inadvertance laissé passer un amendement à la loi de finances qui limitait les golden parachutes au double de l’indemnité de licenciement conventionnelle de la convention collective applicable, les sénateurs (à nouveau) on vite rattrapé le train. Voici l’intégralité des débats sur ce sujet:
Mme la présidente. L’amendement n° I-9, présenté par M. Marini, au nom de la commission des finances, est ainsi libellé :
Supprimer cet article.
La parole est à M. le rapporteur général.
M. Philippe Marini, rapporteur général de la commission des finances. Comme dans l’amendement n° I-8, il s’agit d’éviter que le code de commerce ne soit modifié par la loi de finances et que le législateur ne prétende décider de la politique salariale à la place des entreprises.
Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?
M. Georges Tron, secrétaire d’État. Pour les raisons invoquées à l’amendement précédent, j’émets un avis favorable.
Mme la présidente. Je mets aux voix l’amendement n° I-9.
Moyennant quoi Nicolas Sarkozy nous déclare hier que les grosses rémunérations, c’est contraire à ses valeurs et qu’il faut que ça cesse. J’ai quand même l’impression d’être pris pour un jambon.
Mais au fait, ce fameux soir au Fouquet’s, avec qui Nicolas Sarkozy a-t-il rompu le pain?
Peu de politiques dans la liste, quelques peoples et sportifs. Mais dans la grande majorité: les patrons du CAC40. Ceux dont les rémunérations vont être encadrées sauvagement depuis 2006, t’as qu’à voir. Ceux auxquels l’Etat va imposer sa politique industrielle. Ceux à qui toutes les baisses de cotisations seront accordées afin, s’ils sont gentils, qu’ils ne licencient pas trop et qu’ils donnent des heures sups à leurs gens. Ceux dont les réductions d’impôts seront la seule politique sanctuarisée dans la crise.
Comme quoi la question de Pujadas valait bien un petit bredouillement…
Chomage – L’échec de Nicolas SARKOZY
Chômeur Go Home, un clip de l’UMP
Épidémie de pauvreté en France
Selon que vous serez puissant ou misérable…
Source : Regards.fr 21/02/2012
Le système de santé français est souvent considéré comme le meilleur du monde.
Pourtant les inégalités subsistent. Lieu de résidence, conditions de travail, niveau d’études, argent, réseau social, ces facteurs déterminent aussi l’état de santé des individus et l’accès à des soins de qualité.
On en est fier, on le vante. Le système de santé français est le plus performant au monde. Une étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est venue le confirmer en 2000. Le meilleur peut-être mais pas le plus égalitaire. La France s’affiche comme le mauvais élève des pays d’Europe de l’Ouest en matière d’égalité sociale devant la mort. Dans l’Hexagone, santé et classes sociales sont indéniablement
corrélées.
Ainsi, un homme de 35 ans peut espérer vivre jusqu’à 81 ans s’il est cadre. Seulement jusqu’à 74 ans, s’il est ouvrier. Car si la France consacre près de 11 % de son PIB à la santé, chacun n’en profite pas de la même manière et les inégalités se construisent avant même la maladie. Conditions de travail, logement, niveau d’études et revenus sont des facteurs importants qui déterminent l’accès aux soins et le niveau de santé.
« En France, on confond santé et médecine. On a ainsi tendance à croire que toutes les inégalités sociales de santé sont dues au système de soins. En réalité, près de 70 % des déterminants ne sont pas médicaux. On ne mène pas aujourd’hui de politique volontariste dans ce sens.
On pourra toujours investir des milliards d’euros dans des équipements médicaux ou des soins, si par ailleurs on continue à favoriser une précarité rampante, ça ne servira à rien », explique Frédéric Pierru, sociologue au CERAPS de l’université Lille 2, et coauteur du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire (éd. Du Croquant).
Ces inégalités commencent dès l’enfance : ainsi les enfants d’ouvriers souffrent plus d’obésité que les enfants de cadres (6 % des enfants d’ouvriers contre 0,6 % des enfants de cadres supérieurs) et ils ont plus de caries non soignées (6,3 % contre 0,5 %). Ces différences persistent tout au long de la vie : les classes populaires ont deux fois plus de risque de mourir d’un cancer entre 30 et 65 ans.
Exprimer sa douleur
Ces inégalités peuvent en partie s’expliquer pardes comportements différents face à la maladie : « La consommation de soins en qualité et en quantité n’est pas la même selon votre position dans l’échelle sociale, ainsi les ouvriers vont voir le généraliste et les urgences de l’hôpital, quand les cadres vont avoir recours à un portefeuille de spécialistes », poursuit le sociologue.
Certes, une consommation plus importante de spécialistes ne veut pas forcément dire de meilleurs soins, mais elle montre cependant un souci de se soigner, un rapport au corps différent.
Florence Jusot, économiste de la santé à l’université Paris Dauphine, confirme : « Il faut déjà exprimer sa douleur. Certains groupes sociaux comme les ouvriers et les agriculteurs ont tendance à la minimiser. Ils ont un rapport au corps très utilitaire qui repose sur sa valeur économique.
Ils consultent donc le médecin plus tard. » Un retard qui peut être dommageable et signifier des « pertes de chances » en cas de cancer notamment.
Et encore faut-il avoir les moyens de se rendre chez un praticien. Car en matière d’accès aux soins, c’est d’abord côté finances que ça coince.
Depuis la mise en place de la Couverture maladie universelle (CMU) de base et son volet complémentaire (CMU-C) en 2000, les inégalités d’accès se sont réduites. Mais sous l’effet des dernières mesures, le reste à charge pour le patient est de plus en plus conséquent : 650 euros annuel en moyenne par assuré social. Il faut désormais compter avec le forfait hospitalier (18 euros par jour d’hospitalisation à débourser), les franchises médicales (0,50 centime par boîte de médicaments, 2 euros par transport sanitaire) ou le ticket modérateur (7,90 euros par consultation de généraliste). « Depuis 2004, on assiste à un transfert de charge de l’assurance maladie vers les patients. Entre 2004 et 2008, près de 3 milliards d’euros supplémentaires ont ainsi été supportés par eux. Pour les soins courants, le reste à charge pour les patients est de 45 %.
À l’hôpital, les soins sont remboursés entre 90 à 95 % et il n’y a pas d’avance de frais à faire.
C’est aussi pour cette raison que les urgences sont engorgées », confie Frédéric Pierru.
Dérive mercantile
Sans compter que dans certaines régions, il est pratiquement impossible de trouver des spécialistes en secteur 1, qui ne pratiquent pas de dépassement d’honoraires. C’est le cas en Ile de-France. Ces dépassements d’honoraires sont légaux mais doivent être réalisés « avec tact et mesure ». « En réalité, il y a une banalisation des dépassements d’honoraires et une sorte de dérive mercantile de la médecine libérale inquiétante », dénonce le sociologue. Si aujourd’hui, 34 % des spécialistes pratiquent en secteur 2, 51 % des nouveaux praticiens optent pour ce secteur. Pour les patients en Affection de longue durée (ALD), les pathologies les plus graves, prises en charge à 100 % sur le « tarif sécu », la situation est poussée à l’extrême : « Pour le 1 % des patients les plus coûteux, le reste à charge est de 3 000 euros annuel en moyenne », confie Florence Jusot.
Ce « reste à charge » est ré-assurable par une complémentaire privée. Mais les mutuelles coûtent cher et d’autant plus pour ceux qui ont peu de moyens. « Pour un ménage modeste, une complémentaire représente 8 à 10 % du revenu disponible », rappelle l’économiste.
C’est seulement 3 % pour un ménage issu de milieu favorisé.
Conséquences directes : 4 millions de Français au-dessus du seuil de la CMU C (600 à 870 euros par mois) n’ont ainsi pas de couverture complémentaire et les renoncements aux soins explosent. En 2010, 23 % des Français ont déclaré avoir renoncé à se faire soigner – essentiellement pour des pathologies ophtalmiques ou dentaires.
Ces inégalités financières se doublent d’inégalités sociales. Car une fois qu’on a les moyens de
se faire soigner, où aller, comment s’orienter ? « Le système de soins français a longtemps
été un dédale. C’est dû à l’existence d’une médecine libérale. Il faut avoir la bonne information, le bon spécialiste. Cette organisation est très favorable aux couches les plus aisées.
La réforme du médecin traitant en 2004 a prétendu organiser l’accès aux soins. En réalité, il organise un parcours de soins pour les plus modestes, alors que ceux qui ont les moyens de ne pas le suivre s’en affranchissent. Ils ont
le réseau social ou la possibilité de se faire recommander par un grand ponte hospitalouniversitaire
», analyse Frédéric Pierru. Le vieil adage affirmant qu’il « vaut mieux être riche et
bien portant que pauvre et malade » a de beaux jours devant lui.
Chômage, pauvreté, exclusion : les oubliés du quinquennat
Dans un entretien sur France 2 hier soir, Nicolas Sarkozy a présenté plusieurs mesures sur l’emploi, les salaires et l’insertion. Ces propositions ne peuvent faire oublier le bilan du chef de l’État en la matière : la défense du pouvoir d’achat, la lutte contre le chômage, la pauvreté et l’exclusion ont été, malgré les promesses faites, les grandes oubliées du quinquennat. Dans le cadre du dépôt de bilan de Nicolas Sarkozy, Terra Nova propose d’examiner son bilan complet sur le chômage, l’emploi, le pouvoir d’achat et la lutte contre la pauvreté.
Retrouvez également ce bilan sur Débats2012.fr.
Synthèses
Des promesses de plein emploi au retour du chômage de masse
6 mai 2007, Place de la Concorde, Nicolas Sarkozy s’engage avec ferveur devant le peuple français : « Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi ! ». Avec un million de demandeurs d’emploi supplémentaires et un taux de chômage qui frôle les 10 %, il a non seulement perdu son combat mais a conduit la France vers le retour du chômage de masse.
Pouvoir d’achat : beaucoup de bruit pour rien
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Evolution du taux de chômage par département
Source : Observatoire des Inégalités 22/02/2012
Les écarts de taux de chômage entre départements ont eu tendance à se réduire ces dix dernières années. Du fait de la crise financière et économique, c’est le constat inverse qui s’impose depuis 2008.
L’évolution 2001-2011
Les départements où le taux de chômage était le plus bas en 2001, comme le Haut-Rhin (4,6 %) ou le Loiret (5,1 %) par exemple, ont vu leur situation se dégrader entre 2001 et 2011 avec, pour ces deux territoires, une augmentation respective de leur taux de chômage de 4,1 et 3,5 points. Les départements les plus touchés en 2001 (les Bouches-du-Rhône avec un taux de 12,8 %, le Gard avec un taux de 12,7 %) ont connu une moindre dégradation entre 2001 et 2011, voire une amélioration avec un recul du taux des personnes sans emploi allant de 0,4 à 0,9 point.
Parmi les dix premiers départements dont la variation du taux de chômage sur dix ans est la plus élevée, neuf affichent des taux de chômage nettement inférieurs à la moyenne nationale en 2001, soit 7,8 %. Le département des Vosges avec un taux moyen de 7,4 %, proche de la moyenne française en 2001, a vu son taux de chômage progresser de près de trois points en dix ans : de 10,3 % en 2011, il dépasse de 1,2 point le taux national (9,1 %). Département fortement industrialisé dans le domaine de la mécanique et du traitement des métaux, les Vosges ont subi, entre autres, la crise des équipementiers automobiles.
Au sein des dix départements où le taux de chômage a le moins varié sur dix ans, huit affichent, dès 2001, des taux de chômage supérieurs au taux moyen national. Sur dix ans, leurs taux ont connu une baisse de 0,2 point (Ardennes) à 1,7 point (Haute-Corse). Leurs taux de chômage, particulièrement bas, s’expliquent en partie par des raisons démographiques : une partie des actifs, notamment les jeunes, ont quitté ces départements ruraux pour aller chercher du travail ailleurs.
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L’évolution 2008-2011
Sur une période plus courte, 2008-2011, marquée par un fort ralentissement de l’activité économique, c’est l’inverse que l’on constate : les départements en mauvaise posture en 2008 comme l’Hérault, les Pyrénées Orientales, l’Aisne avec des taux de chômage respectifs de 10,8 %, 10,3 % et 10,2 %, ont vu leur situation se dégrader davantage.
Parmi les dix départements dont la variation du taux de chômage est la plus élevée entre 2008 et 2011, sept affichaient déjà en 2008, des taux de chômage supérieurs au taux moyen national de 7,3 %. La Haute-Vienne et le Loiret que l’on retrouve à la fois dans les deux tableaux (évolution du chômage sur dix et trois ans) ont connu une hausse de 2,4 points sur trois ans alors que celle-ci était respectivement de 2,9 et 3,5 points sur dix ans. Ils illustrent bien l’impact de la crise sur l’emploi ces trois dernières années.
Sur les dix départements dont la variation du taux de chômage est la moins élevée sur trois ans, seul le département des Ardennes affichait un taux supérieur de 2,6 points au taux de chômage national (7,3 %). Son taux a progressé d’un point et reste supérieur à la moyenne nationale dont la progression, sur trois ans, a été de 1,8 point.
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Les revenus des entreprises du CAC 40 progressent malgré la crise
Les trois quarts des sociétés du CAC 40 ont publié leurs résultats annuels. Les bénéfices agrégés ressortent en léger recul mais les discours des entreprises sont rassurants. Dans la crise, les grands groupes ont cherché à préserver leurs dividendes.
Les comptes des grandes sociétés résistent, dans l’ensemble, assez bien à la crise. Alors que la saison des publications du CAC 40 est bien avancée, la trentaine de sociétés de l’indice phare ayant déjà communiqué sur l’exercice 2011 affichent un bénéfice net agrégé de 67,3 milliards d’euros, selon les calculs de Ricol Lasteyrie. Soit un recul de 9 % par rapport au même échantillon en 2010. Mais cette baisse est à nuancer par des résultats 2010 « gonflés » par la présence « d’éléments exceptionnels non récurrents, par exemple une plus-value liée à Endered pour Accor et à Volvo pour Renault, explique Alban Eyssette, associé du cabinet Ricol Lasteyrie. Dans l’ensemble, les résultats d’exploitation sont plutôt solides, compte tenu du contexte. »
Les valeurs bancaires ont également pesé sur les bénéfices totaux de l’indice, sur fond de crise des dettes souveraines et de pertes sur la Grèce. BNP Paribas et Société Générale ont publié des bénéfices nets en recul, tandis que Crédit Agricole SA a dévoilé hier la première perte depuis sa cotation (lire page 30). La Banque verte devrait afficher le seul résultat dans le rouge du CAC 40.
Le trio de tête des plus gros bénéfices ne varie pas, avec le géant pétrolier Total – qui a publié son meilleur exercice depuis 2008 -, BNP Paribas et Sanofi. AXA se glisse à la quatrième place – sur la base de cet échantillon préliminaire -, ravissant ce rang à France Télécom qui a vu son bénéfice reculer.
Au total, sur les 32 entreprises analysées, plus de la moitié ont vu leurs résultats s’améliorer, dont certains de façon très significative comme EDF (+ 195 %). Alcatel-Lucent, lanterne rouge du palmarès 2010, est revenu aux bénéfices.
Côté chiffres d’affaires, la saison est plutôt encourageante. Ricol Lasteyrie comptabilise une progression de 8 % des revenus des 32 entreprises analysées. « Les revenus sont surtout soutenus par l’activité hors Europe, explique Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. Plus globalement, les grands groupes souffrent bien moins de la récession qu’en 2008. Le recul d’activité est moins violent et les coûts fixes plus faibles. L’utilisation d’emplois intérimaires dans l’industrie a permis d’ajuster rapidement le niveau de production à la demande. »
65 % des entreprises de l’indice vedette parisien ont ainsi battu les attentes des analystes sur leurs chiffres d’affaires au dernier trimestre et 44 % sur les bénéfices par action, selon les données d’Aurel, sur les deux tiers des publications du CAC 40 (à mardi). Aussi, dans l’ensemble, « les grandes déceptions ont été rares, souligne le spécialiste. Elles proviennent surtout de sociétés directement exposées à la croissance européenne, comme GDF Suez ouPeugeot ». La réponse du marché a été immédiate, comme en témoigne les nets replis de ces deux valeurs au moment de leur publication ou encore de Vallourec et Crédit Agricole SA, hier.
« Une certaine confiance »
Les investisseurs se sont concentrés sur les perspectives des entreprises, sanctionnant des prévisions jugées décevantes ou des incertitudes. « A quelques exceptions près, les discours des entreprises ont plutôt reflété une certaine confiance des chefs d’entreprise sur le futur, relève François Duhen, stratégiste chez CM-CIC. Il n’y a certes pas beaucoup d’optimisme sur la situation en Europe, mais point de catastrophisme non plus. »
Les annonces de dividendes témoignent de ce sentiment. Sur la trentaine de sociétés ayant déjà communiqué sur le sujet, la grande majorité ont stabilisé ou légèrement augmenté leurs coupons. Une poignée ont même prévu une progression plus notable. « Les sociétés cherchent à préserver au maximum leurs versements aux actionnaires », rappelle Alban Eyssette. Les financières se sont encore distinguées sur ce point-là : BNP Paribas a abaissé son dividende par action, tandis que la Société Générale et le Crédit Agricole l’ont même coupé. De son côté, France Télécom – à l’instar de plusieurs autres groupes de télécommunications européens -a ainsi préparé les esprits à un recul des dividendes versés au titre des exercies 2012 et 2013, par rapport à celui de 2011.
MARINA ALCARAZ
François Hollande : « Est-il acceptable que ce soient toujours les mêmes jeunes qui se fassent contrôler, suspecter ? »
Source : AvecHollande.fr 23/02/2012

Saluant ceux qui sont l’avenir de la France, François Hollande s’est adressé, lors de son discours d’Evry, aux jeunes des quartiers populaires, à leurs talents et à leur énergie.
Il a rappelé son combat sans concession contre toutes les discriminations, et notamment le « délit de faciès ». Comme le dit François Hollande, « est-il acceptable que ce soient toujours les mêmes jeunes qui se fassent contrôler, suspecter ? »
Les contrôles aux faciès constituent en effet une discrimination récurrente en France et n’ont cessé d’augmenter ces dernières années du fait de l’hérésie de la politique du chiffre dans la chasse aux immigrés et aux petits consommateurs de drogues notamment.
Aujourd’hui, un jeune supposé d’origine maghrébine a 8 fois plus de risques de se faire contrôler qu’un autre et 6 fois plus si le jeune a la couleur de peau noire. Cette politique n’a pour conséquence que de porter atteinte aux droits des citoyens et de détériorer l’image de la police.
François Hollande a placé au coeur de sa campagne cet engagement de lutter contre le « délit de faciès », pris devant les Jeunes Socialistes en juin 2011, par la mise en place d’une attestation de contrôle d’identité pour avoir une traçabilité de chaque contrôle et permettre de mesurer l’efficacité de ceux-ci.
Les Jeunes avec Hollande iront jusqu’au mois de mai, munis de tracts, affiches et autocollants sur cet engagement, à la rencontre des jeunes pour leur expliquer que voter François Hollande permet de renouer les liens entre les jeunes et la police en garantissant un service public de sécurité efficace, transparent et qui respecte les principes et les lois de la République.
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Didier Porte: «Sarko, petit père du peuple»
“La France forte” Lionel Jospin
François Hollande à l’Assemblée générale de Fralib
“La lutte, les salariés de Fralib ont su la mener. La marque doit maintenant leur être cédée gratuitement.”
https://twitter.com/#!/fhollande
“La lutte, les salariés de Fralib ont su la mener. La marque doit maintenant leur être cédée gratuitement.”
https://twitter.com/#!/fhollande
Marine Le Pen refuse le débat avec Jean-Luc Melenchon dans Des Paroles et Des Actes
Discours de François Hollande au Mans 23/02/2012
Mes chers amis, vous êtes nombreux ce soir ici au Mans, tellement nombreux que beaucoup sont restés dehors. Et pendant que Jean-Claude Boulard et Stéphane Le Foll vous disaient toute la nécessité de voter pour ma candidature, j’étais obligé de consoler toutes celles et tous ceux qui se désespéraient de ne pouvoir nous rejoindre. Je me félicite de cette mobilisation. Je m’honore de cette confiance. Je mesure chaque jour le mouvement que nous sommes en train de créer partout dans le pays. Hier, j’étais dans un quartier urbain, dans une cité, dans une banlieue, à Évry. Aujourd’hui j’étais en Mayenne, département rural. Des centaines de Mayennais m’attendaient à l’heure du déjeuner — sans qu’il y ait de repas prévu, c’est vous dire s’ils venaient de manière désintéressée et de manière convaincue !
Et ce soir, je vous retrouve nombreux, très nombreux. La campagne a commencé pour moi depuis déjà plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois. Cela va faire bientôt un an que j’ai présenté ma candidature aux Français. C’était à Tulle, en Corrèze. C’était dans le cadre des primaires citoyennes, belle aventure démocratique qui m’a permis d’être maintenant votre candidat devant les Français, avec la force et la légitimité de trois millions de personnes qui se sont déplacées pour me donner mandat, le mandat de gagner, le mandat de la France, de changer son avenir.
La campagne avance, les choses se précisent. Des candidatures se déclarent — il était bien temps ! D’autres se retirent — je ne les connaissais même pas ! Des signatures se cherchent — nous verrons bien ! Mais moi, ce qui m’importe, c’est de rencontrer les Français, c’est de leur dire ce que je crois possible pour le pays, c’est de leur dire ma confiance dans les atouts, dans les forces, dans les talents de la France dans son ensemble. Ce qui m’importe, c’est de leur dire que quelles que soient les épreuves que nous traversons, la crise violente que nous rencontrons, il y a une place pour l’avenir de la France, à condition qu’on la rassemble, à condition qu’on la motive, à condition qu’on l’engage, à condition qu’on lui donne une espérance commune.
Oui, nous avons, dans une campagne présidentielle, toujours un choix à faire. Un choix entre les personnes — j’ai ma préférence -, mais surtout un choix entre deux conceptions, deux conceptions de la France. Il y a toujours un candidat ou une candidate, au nom de la Droite, qui essaye de faire peur, de laisser penser qu’il y aurait un risque pour le pays si d’aventure il se donnait à la Gauche. Il en a bien le droit, le pays ! Il fera lucidement son choix et sa décision. Alors, j’entends le candidat de la Droite — puisque maintenant il s’est fait connaître ; nous le connaissions déjà depuis longtemps, ce n’était pas une surprise ! — et voilà qu’il instille l’idée que nous, ici, nous n’aimerions pas la France. Mais nous l’aimons pleinement, nous l’aimons complètement, nous l’aimons tout entière, et nous ne distinguons pas entre les Français selon qu’ils aiment un peu ou beaucoup la France ! Ils l’aiment tous ! Ils veulent la servir, ils veulent la redresser, ils veulent la changer !
Nous ne menaçons rien, ni la famille, ni l’indépendance nationale, ni les conditions du redressement économique. Au contraire ! Il n’y a pas besoin de faire peur. Voilà qu’ils vont chercher dans l’histoire de la République les responsabilités de la Gauche. C’est à peine si nous ne serions pas nous-mêmes comptables de ce qu’a fait Léon Blum ! Et alors, oui ! Les congés payés, c’était une grande affaire, une grande histoire, une grande conquête. Voilà que l’on nous dit que si la France en est là, c’est-à-dire effectivement dans une situation qui n’est pas la meilleure, ce serait non pas à cause de ceux qui ont gouverné depuis dix ans, mais à cause de François Mitterrand, parce qu’il aurait fait la retraite à 60 ans ! A cause de Lionel Jospin parce qu’il aurait fait les 35 heures ! Mais nous, nous sommes conscients que l’Histoire est faite de conquêtes, d’avancées, de progrès, et que le rôle de notre génération, c’est de permettre une nouvelle transition, permettre de redresser la production de la France, de redresser ses comptes publics, de lever une espérance. C’est ce que je veux faire pour mon pays pour les cinq ans qui viennent.
Il y en a toujours qui veulent séparer les Français, les opposer entre eux, stigmatiser certains pour flatter d’autres. Moi, je n’ai pas besoin, pour convaincre les Français, de mettre en cause les chômeurs, de regarder les étrangers avec méfiance ou de faire en sorte que quelques catégories soient regardées comme nos adversaires. Je l’ai dit, moi je n’ai qu’un adversaire dans cette campagne, c’est la finance, c’est la finance folle, c’est la finance qui a soumis l’économie, qui l’a dominée, et qui aujourd’hui entrave les peuples pour assurer leur avenir.
Oui, il y a deux conceptions de la France. Ce que je veux, c’est la rassembler. Ce que je veux, c’est lui donner confiance, c’est lui donner espoir dans l’avenir, c’est lui dire que la jeunesse est une chance pour notre pays et que mon premier devoir, si les Français me donnent la responsabilité d’agir, ce sera de faire que l’éducation soit la grande priorité du prochain quinquennat. L’éducation parce que la jeunesse, la jeunesse parce que notre avenir, parce que nous avons le devoir de faire que la génération qui arrive vive mieux que la nôtre. C’est ça, le récit républicain. Ce que je veux, c’est le rêve français d’avoir toujours permis, génération après génération, de vivre mieux. Et ce rêve se serait arrêté ? Ce rêve serait devenu impossible ? Ce rêve serait devenu inaccessible, pour un grand pays comme le nôtre qui a fait la République, qui a redressé à chaque fois, au nom de la France, l’espérance ? Et bien non. Une fois encore, nous ferons de la génération qui vient notre seule perspective, notre seul objectif, nous lui permettrons de vivre mieux que nous. Et c’est la raison pour laquelle nous ferons de l’école, de l’éducation, de l’insertion, de la formation, de l’entrée dans la vie active des jeunes, notre priorité.
Oui, deux conceptions de la France. Est-il possible encore d’accepter pour cette prochaine rentrée des suppressions de postes dans l’Education nationale ? Est-il acceptable de voir que ce sont les filières qui accueillent les élèves les plus fragiles, les plus en difficulté, qui sont les plus frappées par ces suppressions de postes ? Je ne l’accepte pas ! Et c’est la raison pour laquelle j’ai pris un engagement devant les Français, celui de créer chaque année 12 000 postes supplémentaires dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées, pour réduire l’échec scolaire, pour améliorer le niveau de nos connaissances, de nos savoirs transmis, et permettre à chaque jeune de pouvoir réussir sa vie.
Oui, deux conceptions de la France, mais deux conceptions aussi de la présidence de la République. Moi, je ne suis pas candidat pour être un président qui déciderait de tout, sur tout, partout, pour tous. Je ne suis pas candidat pour être un président qui considérerait que le pouvoir est sa propriété. Je ne suis pas candidat pour être un président qui, en définitive, se méfierait de ce qu’on appelle les corps intermédiaires, c’est-à-dire les élus locaux, les syndicats, les grandes associations, les mouvements des citoyens. Je considère que c’est une chance, que c’est une force pour notre pays que d’avoir la capacité d’une société en mouvement.
Je suis candidat pour une présidence qui soit à la fois capable de décider de l’essentiel, de donner une vision, d’offrir une perspective, de donner un sens à l’action collective, et en même temps capable de respecter les pouvoirs et les responsabilités. Un gouvernement qui gouverne, un premier ministre qui en soit vraiment un. Et je le plains, celui qui était jusque-là élu de la Sarthe, je comprends qu’il se soit réfugié à Paris après avoir été traité comme il a été traité !
Je suis pour un Parlement qui lui-même exerce pleinement ses responsabilités. Je suis pour des élus locaux qui puissent avoir davantage de compétences, de liberté, de capacité d’agir. Parce que je pense que les territoires sont aujourd’hui un atout pour notre développement économique. Je respecte les partenaires sociaux, les syndicats, les organisations professionnelles, parce que nous en avons besoin pour la négociation, pour le dialogue social, pour la capacité que nous pouvons avoir, entreprise par entreprise, à trouver les meilleurs compromis et les meilleurs équilibres entre des droits qui peuvent être contradictoires, mais qui peuvent se rejoindre s’il s’agit de l’emploi et de la capacité de mieux produire.
Moi, je n’ai pas besoin d’appeler à un référendum à l’occasion de l’élection présidentielle. Un référendum sur quoi ? Sur le chômage ? Mais avec quelle question ? Est-ce que vous êtes pour ou contre le chômage ? Voilà une question à laquelle les Français n’ont pas songé à répondre jusque-là ! Un référendum sur le droit des étrangers ? Mais il y a un Parlement pour définir le droit des étrangers, il y a des lois qu’il convient de faire respecter ! Il y a eu combien de lois sur l’immigration ? Au moins cinq depuis cinq ans ! Et il en faudrait une nouvelle ? Pourquoi pas, mais pourquoi la soumettre au référendum si ce n’est pour chercher à trouver un exutoire, un bouc émissaire ? Mais les Français n’ont pas besoin d’avoir des étrangers pour avoir des adversaires. Simplement, ceux qui vivent sur notre territoire doivent en respecter les lois, c’est tout simple. Et pas besoin d’aller chercher je ne sais quelle facilité.
Oui, je suis pour une conception de la présidence de la République où le chef de l’Etat se tienne à sa place, j’allais dire à son rang, ait suffisamment de hauteur de vue pour être lui-même respecté, et de proximité pour être compris par les citoyens comme un citoyen comme les autres mais doté de responsabilités éminentes. Un chef de l’Etat qui doit savoir aussi quelle est sa place et quels sont ses amis. Je l’entendais, hier, nous faire repentance, le candidat sortant. Il nous promettait qu’il n’y retournerait plus ! Mais il a bien le droit d’aller dans tous les établissements qu’il voudra ! Ce n’est pas le reproche que je lui ferais. C’est de savoir avec qui il y était, ce jour-là, c’est-à-dire avec les plus grandes fortunes, avec les dirigeants des plus grandes entreprises. Et alors après, il viendrait nous dire qu’il voudrait remettre de l’ordre dans les stock-options, les retraites chapeau, les rémunérations excessives ? Mais c’est de son cercle d’amis dont il parlait ! C’est celui dont il n’a pas touché à un seul moment les intérêts, au contraire, si je regarde tout ce qui a été fait depuis cinq ans en direction des plus privilégiés, des plus favorisés, des plus riches de notre pays ! Cela a été les largesses fiscales, le bouclier fiscal, les avantages fiscaux, toujours aux mêmes ! Alors je veux bien lui reconnaître le mérite de la repentance, du regret, du pardon. Mais il est un peu tard, il est même trop tard !
Deux conceptions de la France, deux conceptions de la République, deux conceptions de la politique. Nous sommes dans une campagne présidentielle, il est légitime, il est normal que chacune et chacun fasse ses propositions.
Moi, je demande que l’on respecte certains principes. Et je m’y efforce pour ce qui me concerne.
Le premier, c’est de ne promettre que ce que l’on est capable de tenir. Je ne ferai rien, je ne dirai rien qui puisse laisser supposer que tout deviendrait possible après mon élection. Non, nous aurons des efforts à faire, nous aurons un redressement à engager : redressement des comptes publics, redressement de notre industrie, de notre agriculture, de notre production. Il y faudra mettre tous les moyens nécessaires. Nous ne pourrons pas redistribuer ce que nous n’aurons pas créé. Nous aurons à engager des réformes structurelles difficiles au lendemain de l’élection : réforme fiscale parce qu’il va falloir être juste dans la répartition de l’effort ; réforme des territoires parce qu’il va falloir transférer de nouvelles responsabilités aux collectivités locales ; réforme des entreprises parce qu’il va falloir aider les petites et moyennes entreprises et les accompagner financièrement ; réforme bancaire parce qu’il va falloir séparer les activités des banques, celles qui doivent financer l’économie, des activités spéculatives qui ne doivent pas utiliser les dépôts des épargnants.
Nous aurons à faire ces réformes dans un temps court. Et je n’oublie pas la reforme de l’école, de l’enseignement, de l’éducation. Parce que nous avons besoin, au-delà de la prochaine rentrée, de donner des perspectives, de changer les modes de travail des personnels de l’école, de changer les rythmes scolaires, de faire en sorte que nous ayons des équipes qui luttent chaque jour contre l’échec scolaire, que nous mettions les moyens là où ils sont attendus, que nous redéployions ceux qui peuvent aller vers les élèves les plus en difficulté, qui doivent avoir davantage et qui doivent avoir, normalement, les enseignants les plus expérimentés, auprès des élèves les plus en difficulté — et pas les plus jeunes auxquels on a supprimé d’ailleurs toute formation initiale aujourd’hui, et qu’il faudra bien rétablir !
Voilà, je ne cache rien, je ne dissimule rien. Le premier temps sera consacré aux réformes. Et la seconde partie du quinquennat, lorsque nous aurons redressé la France, lorsque nous aurons retrouvé les équilibres nécessaires et notamment sur le plan budgétaire et fiscal, nous redistribuerons ce que nous aurons créé.
Le second principe, c’est de présenter un programme dans une cohérence d’ensemble. Au Bourget, j’ai dit 60 propositions. Je fais distribuer — et j’en remercie tous les militants, tous les sympathisants — un document où sont rassemblés tous mes engagements dans tous les domaines de l’action publique. Ces engagements, bien sûr, sont publics et m’obligent. Ils sont dans une cohérence d’ensemble : le redressement dans la justice, l’espérance pour la jeunesse et la République redressée, rétablie, je dirais presque réhabilitée. Parce que nous avons besoin de la République avec ses droits, avec ses devoirs, avec son exemplarité, avec la laïcité, avec la dignité, avec les principes qui la fondent.
Voilà mes engagements quand d’autres, ici ou là, au fur et à mesure de leur inspiration, de leur improvisation, d’une espèce de fuite en avant, d’une danse de Saint Guy qui les a touchés, se mettent à faire des propositions au fur et à mesure de leurs déplacements, sans cohérence d’ensemble. Ce qui est attendu par le pays, ce n’est pas telle ou telle faveur, telle ou telle promesse à telle ou telle clientèle. Ce qui est attendu, c’est une constance, une ténacité, une vision. Voilà ce qui est espéré.
Ensuite, je suis pour que chaque proposition puisse être regardée dans une clarté, une transparence, avec le financement qui l’accompagne. Je ne suis pas pour dire à des salariés payés au Smic qu’ils vont toucher mille euros de plus alors même que, toute comptabilité faite, ces salariés à qui l’on annonce qu’ils vont payer moins de cotisations sociales vont se faire également priver de la prime pour l’emploi du même montant que ce qu’ils vont recevoir à travers les baisses de cotisations ! On prend d’une main et l’on reprend de l’autre. Voilà la logique : on donne et on retire ! J’ai fait les comptes entre la suppression de la prime pour l’emploi et la baisse promise des cotisations aux salariés : trois euros pour les smicards par mois ! Et il voudrait laisser croire à ses promesses ? Et nous laisserions abuser les plus modestes d’entre nous ? Il y a là comme une épreuve de vérité à poser. Parce que dans cette campagne, je ne veux pas que les façons de faire de 2007 se reproduisent.
Cinq ans sont passés. Rien n’aura été oublié. Et le président des promesses non tenues ne peut pas être maintenant le candidat de nouveaux engagements qui ne valent pas davantage que ce qu’il avait dit il y a cinq ans. Je ne m’en inquiète pas. Les Français sont avertis. Ils se souviennent de ce qui leur avait été dit il y a cinq ans : travailler plus pour gagner plus, davantage de pouvoir d’achat, le chômage qui devait tomber à 5 % de la population active et qui est à 10 % aujourd’hui. Ils se souviennent que personne ne devait être sans toit, sans logement, et que nous avons connu hélas, avec cet hiver difficile, des nouvelles images que nous connaissons bien, de celles et ceux qui sont, hélas, de nouveau dans la rue, obligés de dormir dans leur voiture, dans des campings. Voilà la situation !
Je n’oublie rien des promesses qui avaient été faites en matière de sécurité, alors que les violences aux personnes n’ont cessé de progresser depuis cinq ans. Et c’est le même qui viendrait aujourd’hui faire croire qu’il n’a pas de bilan et que c’est la faute à la crise, si nous en sommes là ?
Eh bien, cette campagne doit être une campagne de vérité. Moi, je ne laisserai rien passer. Parce que je considère qu’une campagne présidentielle, c’est un engagement. Ça ne peut pas être une illusion, un faux-semblant, un artifice, une manière, une nouvelle fois, de tromper le peuple. Parce que le peuple français, il sait qui le représente. Il n’a pas besoin qu’un candidat se déclare lui-même candidat du peuple. Le peuple, il n’appartient à personne. C’est lui qui choisit, c’est lui qui décide en toute lucidité qui va le représenter à l’occasion de l’élection présidentielle.
Aujourd’hui, le débat est sur la valeur travail. Cette valeur travail, là encore, c’est une valeur de la République. Elle n’est pas l’apanage d’une famille politique, d’un camp, d’une idéologie. La valeur travail est ce que nous avons construit ensemble, depuis tant d’années que le monde du travail s’est lui-même mis en mouvement. Quel est le respect de la valeur travail depuis cinq ans, quand il y a un million de chômeurs de plus ? Où est le respect de la valeur travail quand un quart d’une génération, celle qui a moins de 25 ans, est au chômage ? Où est la valeur travail quand le pouvoir d’achat des salariés stagne depuis cinq ans ? Où est le respect de la valeur travail quand on demande à ceux qui ont commencé tôt leur vie professionnelle, qui ont 41 années de cotisations, d’attendre 62 ans pour partir à la retraite ? Où est le respect de la valeur travail quand la pénibilité n’est en aucune manière considérée pour les droits à la retraite ? Où est la valeur travail quand les jeunes sont considérés comme trop jeunes pour entrer dans l’entreprise, et les seniors trop vieux pour y rester ? Où est la valeur travail quand il y a des licenciements boursiers, quand des entreprises ferment alors qu’elles sont rentables ? Où est la valeur travail quand les revenus du capital sont moins imposés que les revenus du travail ?
Le travail, c’est l’instrument de l’émancipation, de la dignité, de l’accomplissement de soi-même. C’est aussi la seule façon de vivre dignement, en toute indépendance. Le travail, c’est ce qui permet d’avoir une utilité, à la fois pour soi-même, pour son entreprise ou pour son administration. Le travail, c’est ce qu’attendent des jeunes après avoir fait des études. Le travail, c’est ce que souhaitent des salariés pour rester dans l’emploi. Le travail, c’est ce qu’attend un chômeur – et parfois depuis longtemps – et à qui l’on n’a jamais proposé ni une formation, ni un autre emploi et qui n’a pas eu l’occasion de le refuser. Le travail, c’est ce que demandent les plus de 50 ans qui veulent se constituer des droits pour la retraite. Le travail, c’est ce que demandent des femmes, et notamment pour être rémunérées autant que des hommes pour le même poste, le même diplôme, la même responsabilité.
Alors, notre premier engagement, c’est bien sûr pour l’emploi. Et c’est pourquoi, dans le projet que j’ai présenté devant les Français, la première priorité, c’est le redressement économique. C’est d’avoir des filières industrielles – vous en connaissez, ici, elles sont excellentes : l’automobile, le ferroviaire, l’industrie agroalimentaire. C’est d’avoir ces filières, c’est de les soutenir. C’est d’avoir aussi la capacité de dominer la finance, pour qu’elle soit au service du financement de l’économie. L’emploi, le travail, c’est de permettre aux PME d’être encouragées, soutenues, développées. D’où l’idée de la banque publique d’investissement qui s’appuiera sur les fonds des conseils régionaux pour intervenir au capital ou sous forme de prêt aux petites et moyennes entreprises. L’emploi, c’est ce que nous stimulerons par une politique fiscale qui sera favorable aux PME, avec des taux d’imposition sur les sociétés qui seront plus bas pour les petites entreprises et plus élevés pour les grandes. L’emploi, c’est ce que nous favoriserons en faisant en sorte que l’impôt sur les sociétés soit plus élevé lorsque le bénéfice est distribué aux actionnaires et moins élevé lorsqu’il est réinvesti dans l’entreprise. L’emploi, toujours, c’est à travers le contrat de génération, celui qui permettra à l’employeur qui gardera un senior le temps qu’il puisse préparer sa retraite et qui embauchera un jeune – mais avec un contrat à durée indéterminée. Le contrat de génération permettra à cet employeur de ne plus payer de cotisations sociales sur les deux emplois.
Et puis nous avons le devoir, dans une période difficile pour la jeunesse, de faire que dans les quartiers notamment, les plus frappés par le chômage, que ces emplois jeunes, ces emplois d’avenir soient consacrés justement à ces jeunes, pour leur permettre de retrouver confiance en eux-mêmes et capacité pour agir. Oui, je ferai même en sorte qu’aucun jeune de 16 à 18 ans ne se retrouve sans solution. Et celui qui ne sera pas en formation, en apprentissage ou dans l’éducation nationale devra avoir un service civique. Parce que je ne veux qu’aucun jeune de 16 à 18 ans soit mis de côté, abandonné, oublié, relégué.
Le travail, l’emploi, c’est ce que nous essaierons de préserver. Mais quand il y aura des mutations économiques – car il y a toujours des changements qui s’opèrent dans l’économie –, eh bien il y aura la sécurité sociale professionnelle : celle qui permettra à tout salarié menacé par un licenciement ou obligé d’accepter une mutation, une mobilité, d’avoir une formation qui sera de droit. Parce que le rôle de la puissance publique, ce n’est pas d’attendre qu’un salarié devienne chômeur pour lui venir en soutien, c’est de lui permettre comme salarié d’avoir une formation qui lui permettra d’avoir un nouvel emploi sans passer par la case chômage !
Vouloir l’emploi, le travail, c’est lutter contre la précarité. Faire en sorte que les entreprises qui recrutent avec des contrats à durée indéterminée paient moins de cotisations chômage que les entreprises qui recourent de manière abusive aux CDD, à l’intérim ou aux formules précaires.
Voilà ce que je veux : mettre le travail au cœur de la société. Et pour cela, je n’ai pas besoin d’opposer les chômeurs aux salariés. Je n’ai pas non plus nécessité d’opposer les salariés du privé aux salariés du public. Je n’ai pas besoin d’opposer les Français et les étrangers. J’ai simplement à dire que le devoir de celui qui sera le prochain président de la République, c’est de mettre l’emploi et le travail au cœur de ses décisions : décisions budgétaires, décisions financières, décisions économiques. Et de mobiliser l’ensemble des acteurs économiques pour que nous ayons toujours cette volonté de préférer l’emploi, le travail, au chômage et à la précarité.
Je sais aussi les attentes en matière de pouvoir d’achat. Je sais combien les situations sont difficiles pour de nombreuses familles. Je sais que pour beaucoup de salariés, il n’y a pas eu de progression effective de leurs revenus. Je sais qu’il est impossible de vivre en dessous du Smic. Et pourtant, il y a 8 millions de personnes qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté en France ! Je sais combien les salariés attendent une meilleure redistribution de la richesse créée. Je sais aussi les inégalités qui se sont creusées. Nous connaissons les chiffres. Les patrons du Cac 40, en 2010, se sont augmentés de 36 % — quand les smicards n’ont eu droit même pas à un coup de pouce pour le pouvoir d’achat de leur salaire ! Je sais aussi que les patrons du Cac 40 gagnent 240 fois plus que les smicards – ce qui ne peut pas s’expliquer par le seul talent, la seule prise de risque ou la seule responsabilité. Je sais tout cela. Et en même temps, je ne peux pas ici dire que j’aurais un procédé magique qui ferait que d’un seul coup les salariés français se retrouveraient mieux payés au lendemain de notre élection qu’à la veille. Je laisse de côté la proposition du candidat sortant : tour de passe-passe dont je vous ai parlé et qui consiste à laisser croire qu’il y aura une augmentation du salaire net quand il y aura la disparition d’une prime pour l’emploi. Et que veut dire, aussi, cette proposition de faire travailler les personnes qui sont au RSA : 7 heures, par davantage ! On ne sait pas, d’ailleurs, qui les paiera. Mais ce que demandent les personnes qui sont au RSA, ce n’est pas 7 heures, c’est un contrat d’insertion ! C’est un emploi ! C’est une dignité ! C’est une capacité à pouvoir enfin vivre avec un vrai revenu ! Personne ne veut rester au RSA ! Et cette idée est insupportable, de laisser penser qu’il y aurait des personnes qui s’installeraient exprès dans la précarité, dans la pauvreté, pour bénéficier de prestations ! Mais quelle conception a-t-on au sommet du pouvoir, là, de penser qu’il n’y aurait finalement que des privilégiés parmi les prestataires du RSA ? Mais les privilégiés ne sont pas au RSA ! Ils ont été protégés par le bouclier fiscal, ils ont bénéficié des largesses de la baisse de l’impôt sur la fortune !
Et je m’adresse, d’ailleurs, à tous ceux qui, modestes, travailleurs pauvres regardent souvent vers les plus pauvres qu’eux pour chercher les bénéficiaires des prestations. Et les privilégiés finissent par regarder plus bas alors qu’ils devraient regarder plus haut. Je sais ce que peut représenter le sentiment parfois insupportable de se lever le matin pour aller travailler pour un salaire souvent de misère, quand il y a d’autres qui toucheraient des prestations. Je vois bien ce qu’il est possible d’exacerber dans la société française. Mais je m’y refuse ! Non pas pour ne pas exiger que ceux qui touchent une allocation aient une responsabilité. Mais pour dire que nous avons tous besoin d’un filet de sécurité et que celui qui aujourd’hui est dans l’emploi peut se retrouver au chômage. Et que c’est la dignité d’une société que d’avoir des régimes de protection sociale, de solidarité et d’assurance.
Alors nous devrons répondre à toutes ces interrogations, à toutes ces urgences, à toutes ces demandes. Au lendemain de l’élection présidentielle, je réunirai les partenaires sociaux dans une grande conférence sociale où nous poserons les principes de la négociation, du dialogue : ce qui peut être fait par la loi, ce qui doit relever de la discussion entre partenaires sociaux responsables. Nous aurons à discuter des salaires, du Smic. Nous le ferons avec esprit, là encore, de responsabilité et en même temps de justice. Nous le ferons dans le temps, parce que nous avons besoin de règles connues de tous. Nous ferons en sorte, aussi, qu’il y ait une mesure immédiate pour cette rentrée – et c’est ce que j’ai annoncé avec une augmentation de 25 % de l’allocation de rentrée scolaire. Parce que là encore, c’est vers les familles, les familles modestes de notre pays, les familles des classes moyennes que nous devons nous tourner.
Nous ferons une réforme fiscale qui fera en sorte que les revenus moyens ou les revenus modestes soient moins imposés et que les revenus des catégories supérieures le soient davantage.
Nous ferons une réforme sur les tarifs de l’eau, de l’électricité et du gaz, pour qu’il y ait, là encore, une stabilité du forfait de base et qu’en revanche, les consommations excessives soient à des tarifs plus élevés.
Nous protégerons l’épargne populaire, et notamment le livret A dont la rémunération sera indexée strictement sur le coût de la vie. Nous ferons en sorte que les frais bancaires – qui souvent touchent les plus faibles parce qu’ils sont surendettés – soient diminués, parce qu’il n’est pas normal que ce soit, finalement, sur les plus pauvres, sur les plus modestes, que les banques fassent une grande partie de leur marge.
Nous ferons en sorte qu’il y ait davantage d’égalité dans l’accès aux soins. Parce qu’aujourd’hui, les dépassements d’honoraires empêchent une partie de nos concitoyens de se soigner dignement.
Et même sur le prix de l’essence – et je ne veux faire, là encore, preuve d’aucune facilité : si le prix du pétrole augmente, il est normal que cela se retrouve au niveau des carburants. Mais tout de même ! Est-il acceptable que l’Etat gagne des recettes fiscales supplémentaires sur l’augmentation du prix des carburants ? Est-il acceptable que la TVA, qui va d’ailleurs augmenter – enfin, qui devrait augmenter au mois d’octobre, mais qui n’augmentera pas parce que nous y mettrons bon ordre, parce que si les Français me donnent leur confiance, il n’y aura pas d’augmentation de la TVA ! D’ailleurs, je me suis posé une question. Pourquoi y a-t-il eu un projet de loi qui va sans doute devenir une loi sur l’augmentation de la TVA pour le mois d’octobre, alors que la mesure qui a été annoncée par Nicolas Sarkozy de la baisse des cotisations sociales pour les salariés n’a pas été présentée au Parlement, dans le même projet ? C’est bien parce que de toute manière, il s’agit d’un artifice qui aurait été dévoilé, démasqué à l’occasion du débat parlementaire ! Mais, pour ce qui concerne les carburants, il ne sera pas acceptable que cette TVA continue de prélever davantage sur le prix ! Et nous restituerons donc aux consommateurs, finalement, ce qui ne devrait jamais entrer dans les caisses de l’Etat.
Pouvoir d’achat, mais aussi égalité salariale, je le disais, entre les hommes et les femmes. Et j’ai, là encore, un engagement devant les Français. Il ne s’agira pas de voter une nouvelle loi : tous les textes existent. Je laisserai un an aux entreprises pour se mettre en conformité avec les principes qui sont posés par cette loi. Et au bout d’un an, si les femmes n’ont pas les mêmes salaires que les hommes pour des responsabilités identiques et pour des diplômes équivalents, les entreprises qui n’auront pas fait cet effort d’égalité se verront privées de l’exonération des cotisations sociales sur les emplois.
Voilà ce que je voulais vous dire sur le travail, sur le pouvoir d’achat. Voilà ce que je voulais vous présenter ce soir, ici au Mans. A la fois sur les principes, sur les modalités, sur les propositions. Il n’y a pas de recette miracle. Il y a une volonté à engager ! Il y a une politique à mener ! Il y a une cohérence à afficher ! Il y a une constance, une ténacité à faire prévaloir !
Oui nous sommes devant un moment difficile pour notre pays. Une crise venue des Etats-Unis, qui s’est installée en Europe, qui a déstabilisé la zone euro. Des dirigeants qui ont été incapables de venir rapidement en aide à la Grèce. Il a fallu deux ans, après avoir mis à genou ce peuple, pour lui venir en soutien. Et ce temps perdu a été utilisé par la spéculation pour mettre en difficulté beaucoup de pays de la zone euro qui avaient été irresponsables dans la gestion de leurs finances publiques – et le nôtre n’est pas, hélas, exempt de tout reproche. Eh bien notre responsabilité, ce sera de mettre, là encore, de l’ordre. J’accepte l’idée de disciplines à l’échelle de l’Europe. Je sais ce que nous avons à faire ensemble pour coordonner nos politiques économiques. Mais en même temps, je l’ai dit aussi aux Français : pour ce qui me concerne je n’accepterai pas un traité qui oublie la croissance, le développement, l’emploi, l’activité économique, les projets industriels, la transition énergétique. Parce que si nous n’avons pas de croissance, nous n’obtiendrons pas de résultats en matière de maîtrise des déficits et de la dette. Nous sommes devant une crise qui n’est pas qu’une crise financière, qui n’est pas qu’une crise économique. C’est aussi une crise écologique, une crise environnementale. Nous aurons à faire des choix. Et je les ai présentés aux Français : transition pour que les énergies renouvelables puissent être davantage présentes dans nos structures énergétiques, transition pour que le nucléaire ne soit pas à ce point prédominant dans la production d’électricité, transition également dans nos modes de production, de consommation, de déplacement. Voilà ce que nous aurons à faire !
Transition, aussi, pour notre agriculture – qui doit bien sûr être productive, mais respectueuse de l’environnement, de la qualité – sans laquelle, d’ailleurs, il ne sera pas possible de nourrir la population dans les meilleures conditions.
Transition entre un monde qui finit et un autre qui naît. Transition technologique, transition numérique, transition générationnelle. Parce que notre responsabilité, je l’ai dit, c’est de permettre à la jeunesse de vivre mieux que nous !
Voilà ce que va être cette campagne, longue encore : 59 jours. 58, maintenant que nous sommes arrivés dans la nuit ! 58 jours pour convaincre. 58 jours pour démontrer que nous incarnons non seulement le changement, mais l’avenir. 58 jours pour vaincre le scepticisme, la résignation, la fatalité qui gagne un certain nombre de nos compatriotes. 58 jours pour résister aux attaques de la Droite. Oh, ce ne sera pas le plus difficile ! Certains me disent : tenez bon, ne vous inquiétez de rien. D’autres me disent : courage, cramponnez-vous. Mais je suis bien accroché ! 58 jours pour rencontrer les Français. J’irai partout où l’on m’invitera, jusqu’à épuisement – enfin, il faut que je garde tout de même des forces, parce qu’après, nous aurons beaucoup à faire. Et c’est la raison pour laquelle je compte sur vous. Je compte sur votre propre engagement. Votre mobilisation. Votre confiance. Votre ferveur. C’est vous qui convaincrez finalement tous ceux que je ne pourrai pas rencontrer ! C’est vous qui allez faire la décision ! La Droite ne laissera pas le pouvoir sans combattre. Elle est aidée puissamment par les forces de l’argent, par une partie des grands moyens d’information. Elle est aidée puissamment parce qu’elle a ses alliés à l’échelle de l’Europe. Vous avez vu, quand même, comme ils se soudent, les conservateurs ! Mais ne les brocardez pas, j’aurai besoin de travailler aussi avec eux le moment venu ! Mais c’est la Sainte-Alliance entre le leader conservateur en Grande-Bretagne, la chancelière en Allemagne, Nicolas Sarkozy – Berlusconi étant parti, il ne peut pas donner son accord, mais en pensée, il doit bien être avec eux ! – le Premier ministre espagnol. Voilà, l’Europe est pour partie, une grande partie, de droite. Et en même temps tous les autres, tous ceux qui sont progressistes en Europe, que nous disent-ils ? « Faites en sorte, en France, de nous ouvrir la voie. Faites en sorte que le monde change. Donnez nous aussi un espoir. » Le vote n’est pas qu’en France. Bien sûr que c’est la France qui va décider. Ce sont les Français qui vont choisir. Mais c’est une élection, aussi, qui aura des conséquences dans toute l’Europe. Rendez-vous compte de votre responsabilité !
Je sais aussi que nous sommes attendus dans le monde – parce que la France n’est pas n’importe quelle nation du monde ! La France est un grand pays, avec une grande histoire. La France a inventé des valeurs qui sont devenues universelles. La France est, par son histoire, la France des droits de l’Homme, des Lumières, de la Révolution française. Ce n’est pas rien que d’être président de la France ! Nous avons tous été humiliés quand la France n’a pas été au rendez-vous, notamment au moment des Printemps arabes, en Tunisie ou en Egypte. Nous avons été davantage fiers quand la France a été capable de participer à l’action qui a conduit à l’éviction de Kadhafi – même si nous n’oublions rien des invitations qui lui avaient été faites au début du quinquennat.
La France est attendue, elle est espérée. Et encore en ce moment où en Syrie, pays martyr, pays soumis à une dictature depuis tant d’années, de décennies, du père Assad, maintenant du fils, et qui massacre son propre peuple pour ne rien céder, rien concéder de son pouvoir. Je sais bien que la France – et, de ce point de vue, je ne participerai pas à une polémique qui serait déplacée – fait ce qu’elle peut, fait ce qu’elle doit pour qu’aux Nations unies des délibérations puissent se faire au Conseil de sécurité. Ce sont la Russie et la Chine qui bloquent et qui en porteront demain la responsabilité. Parce que ces deux pays, ces deux puissances, en posant leur veto à une intervention des Nations unies laissent finalement le peuple syrien sous le joug du massacreur – lequel, c’est vrai, avait été invité un 14 juillet 2008 sur la place de la Concorde pour voir défiler les troupes françaises. Je pense à cette population martyre. Je pense aussi à ces journalistes qui ont payé le prix de leur vie pour l’information libre du monde. Je pense à ce photographe, Rémi Ochlik, qui nous accompagnait il y a peu de jours dans la campagne présidentielle. Je pense à lui et ses 28 ans. Je pense à son courage. Je pense à son sacrifice. Je pense à sa mort tragique. Je dis à sa famille toute notre solidarité. Je n’oublie pas non plus une journaliste qui, aujourd’hui blessée, demande à être rapatriée : Edith Bouvier qui exige, là encore, que la France soit présente. Elle l’est et je veux qu’elle le soit dans toutes ses sensibilités. Et si, même dans cette campagne présidentielle, nous pouvions tous nous rassembler pour venir en soutien de la Syrie, en soutien des journalistes qui font leur travail dans ce pays, nous aurions déjà, finalement, fait une bonne œuvre, une bonne action de républicains !
Voilà, mes chers amis, l’enjeu de cette élection. Deux conceptions de la France, deux conceptions de la présidence de la République, deux conceptions de la politique, deux conceptions de la valeur travail. Et en même temps, une France qui doit se rassembler. Et c’est, en définitive, la responsabilité du prochain président. Une élection divise nécessairement. Nous n’arriverons pas à convaincre tous les Français. J’en suis désolé. Je le voudrais bien ! Mais j’en sais qui ne voudront pas voter pour ma candidature. J’en cherche les raisons. J’essaie de comprendre ce qui peut encore les retenir. Ce n’est quand même pas la satisfaction à l’égard du candidat sortant ! Sans doute pensent-ils que la Gauche pourrait ne pas être capable de redresser le pays ? Alors que dans son histoire, la Gauche a toujours été au rendez-vous du redressement, de la conquête, du sursaut !
Oh, j’en connais qui se méfient des changements. Qui ont toujours peur. Qui se disent : au moins on sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on pourrait avoir. Mais quand on a ce qu’on a, mieux vaux prendre le risque d’avoir un nouveau président de la République ! Et je respecte tous les points de vue, parce que c’est la démocratie, parce qu’il y a des sensibilités politiques dans notre pays, parce qu’il y a des philosophies, parce qu’il y a tout ce qui tient à l’histoire personnelle de chacun. Je respecte toutes les convictions.
J’essaierai de rassembler. Rassembler les socialistes : depuis maintenant plusieurs mois, c’est fait ! J’en avais fait, d’ailleurs, ma spécialité – et notamment ici au Mans, dans un congrès passé à la postérité pour l’esprit de synthèse. Rassembler la Gauche qui présente plusieurs candidatures – que je respecte et qui jouent leur rôle. Et en même temps, moi, ma responsabilité, c’est de rassembler la Gauche aussi dès le premier tour. Parce que l’élection présidentielle va se décider au premier tour. C’est là que nous allons montrer la dynamique, la force, l’entraînement ! Et j’aurai le devoir, au lendemain du premier tour, de réunir tous ceux qui veulent contribuer au changement. Et je n’ai pas d’inquiétude, parce que je sais qu’au plus profond du pays, de la Gauche, il y a cette volonté d’ouvrir un temps nouveau, un cycle différent d’aujourd’hui, un esprit de responsabilité commune. Mais j’aurai aussi à rassembler les Français pour ce second tour et au lendemain du second tour. Y compris des hommes et des femmes qui n’ont jamais été de Gauche. Il en faudra qui nous rejoignent, pour être majoritaires lors de l’élection présidentielle. Parce que si on reprend toujours les mêmes, qui votent toujours pour nous – et comme nous n’avons pas gagné l’élection présidentielle depuis 1988, il faudra bien qu’il y en ait qui aient changé d’avis depuis 2007 ! Je ne les repousserai pas ! Je ne les écarterai pas ! Je leur dirai : bienvenue, vous êtes ici dans le mouvement et je ne fais pas de distinction. Et même au lendemain de l’élection présidentielle, je ne séparerai pas les Français selon leur vote. Je leur dirai : eh bien, voilà, le choix est fait, la France a choisi, elle a un nouveau président et le rôle de ce chef de l’Etat, c’est de réunir les Français ! De les mobiliser dans un objectif qui les dépasse ! De leur donner fierté commune ! De faire en sorte que nous nous retrouvions tous ensemble pour ce rêve français, cette idée, cette belle idée de donner à la génération qui vient un avenir meilleur que le nôtre ! Voilà une belle cause qui entraînera bien largement.
Nous aurons besoin du concours de tous : des entrepreneurs, des acteurs économiques, des partenaires sociaux, des citoyens, des retraités. Bref, de cette alliance des âges, des classes des catégories qui veulent servir une seule cause : la République et la France.
Voilà, mes chers amis, ce beau message que nous voulons porter : celui de la réconciliation, de la réunion, du rassemblement. Nous ne sommes pas des diviseurs. Nous ne sommes pas ceux qui opposent les uns les autres. Nous ne stigmatisons personne. Nous réunissons autour de l’esprit de la République !
Alors, faites avec moi cette belle campagne. J’ai besoin de vous, besoin de votre soutien, besoin de votre engagement, besoin de votre capacité de convaincre ! Merci d’être là nombreux ! Merci de poursuivre cette campagne ! Merci de permettre la victoire ! La victoire de la Gauche ! La victoire de la France ! La victoire de la République ! Merci à tous d’être les acteurs du changement de la France !
« Je ne suis pas candidat pour être un Président qui déciderait de tout, pour tous »
« Mon premier devoir, si les Français me donnent la responsabilité d’agir, sera que l’éducation soit la grande priorité! »
« Ce qui est attendu par le pays, ce n’est pas telle ou telle faveur à telle ou telle clientèle. »
20h13. «Je veux qu’aucun jeune de 16 à 18 ans ne soit abandonné, relégué», clame François Hollande qui veut «mettre le travail au coeur de la société.» Et «pour ça je n’ai pas besoin d’opposer les chômeurs et les actifs, les Français et les étrangers», lance-t-il sous les applaudissements.
«La droite ne rendra pas le pouvoir sans se battre. Elle est puissamment aidée, par les forces de l’argent, par une partie des grands moyens d’information, et par les alliés à l’échelle de l’Europe», s’exclame François Hollande. »









